La belle nature du Honduras

Pour la plupart d'entre nous, évoquer l'Amérique centrale se limite souvent à citer le Guatemala – et ses trésors archéologiques – ou le Costa-Rica, sa nature luxuriante et sa faune bigarrée. Pourtant, cette vaste région compte d'autres pays qui méritent largement le détour à l'instar du Salvador et du Honduras. Situé à la frontière avec le Guatemala, ce dernier abrite les ruines de Copàn, surnommé l'Athènes du Nouveau monde. Pour certains, ces vestiges de l'héritage maya justifient, à eux seuls, un voyage aux Honduras. Sans en minimiser l'importance, c'est à la prodigalité de sa nature que nous avons choisi de nous intéresser pour l'heure. En effet, en matière de biodiversité, ce pays grand comme l'Angleterre peut se vanter d'en offrir la plus forte densité au kilomètre carré. Encore peu fréquentées par les Français, les plages bordant la mer des Caraïbes campent un décor idéal pour des vacances reposantes et/ou sportives. Le reste du pays dénombre une centaine de réserves naturelles offrant gîte et couvert à plus de 700 espèces d'oiseaux. Quant à la flore, elle rehausse de ses couleurs chatoyantes les mille nuances de vert des arbres dont les frondaisons caresse le bleu du ciel. Attention : ce pays peut rendre lyrique ! 

 

Las Islas de la Bahia

Poser ne serait-ce qu'un orteil sur le sable d'une des "Iles de la Baie", c'est se laisser gagner par « l'effet Caraïbe » qui infuse le quotidien des Honduriens, et qui conduit à adopter immédiatement un tempo plus lent. Situées à une cinquantaine de kilomètres des côtes, Utila, Guanaja et Roatan* se disputent la palme du plus beau décor de carte postale. La plus célèbre et la plus vaste (80 km2) est Roatan qui fut longtemps une base arrière prisée des pirates. Sur les soixante kilomètres de son épine dorsale, elle déploie à partir de la crête d'un manteau forestier touffu, un lacis de sentiers qui permettent d'admirer les jeux de la lumière se miroitant sur une mer d'émeraude ou de lapis-lazuli. La partie ouest concentre les plus belles plages... et l'essentiel des infrastructures touristiques. Les amateurs de golf, de pêche en haute mer ou de plongée pourront s'en donner à cœur joie. Mais c'est le snorekelling qui est ici privilégié puisque accessible à quelques encablures de la côte d'où on aperçoit la barrière de corail. Seconde en taille derrière l'australienne, cette barrière serpente sur mille kilomètres de fonds marin jusqu'à la pointe du Yucatan faisant vivre 65 espèces de coraux, plus de 500 espèces de poissons ainsi que des tortues et des dauphins endémiques.

Un concentré de biodiversité 

Même s'il est difficile de s'arracher aux plages immaculées et à la mer d'azur, l'effort est récompensé par le dépaysement total qui nous attend après une heure de ferry. En effet, c'est dans le camaïeu de verts de la forêt tropicale humide que nous pénétrons. Rien d'étonnant quand on sait qu'un tiers du Honduras est couvert de forêts. Au nord-est du pays, le port de La Ceiba (autrefois connue pour être la capitale de la république bananière) est aujourd'hui la porte d'entrée du cœur éco-touristique du pays qu'est la Moskitia. Dans cette région sauvage, la biosphère du rio Platano est classée au Patrimoine mondial de l'Unesco. Plusieurs parcs nationaux y attendent les amoureux de nature comme le Cuero y Salado, le Pico Bonito et le Nombre de Dios. Avec des rapides classés II, III et IV, le rafting qu'on pratique en période d'eaux vives (d'octobre à mars) dans la rivière Cangréjal, est considéré comme la meilleure pourvoyeuse de sensations fortes de tout le continent. En période de basses eaux, des portions plus courtes se combinent alors avec des randonnées au bord de la rivière ou du canyoning. Nombre de Dios – le plus récent des parcs nationaux – débute au niveau de la mer Caraïbe pour culminer à plus de 1650 mètres. Couvert d'une forêt dense, ses reliefs offrent aux randonneurs l'occasion de s'immerger dans ce fantastique organisme vivant habité par des centaines d'espèces d'oiseaux, de papillons, d'animaux de toutes tailles.. Le tapir est ici chez lui mais également le jaguar, le puma, l'ocelot. Peu de chance de les apercevoir, il est vrai, mais impossible en revanche d'ignorer la présence des singes hurleurs qui revendiquent leur territoire à corps et à cris. Moins farouches sont les singes capucins, reconnaissables à leur museau blanc. Pour appréhender l'immensité du territoire, rien de tel que de survoler la canopée en tyrolienne avant de se rafraîchir dans une des piscines naturelles que forment la rivière au gré de ses circonvolutions. Plusieurs offres d'hébergement en pleine nature sont disséminés dans ce parc, à l'instar de La Villa de Soledad. 

Une des curiosités du Honduras est d'abriter, dans les embouchures de fleuves de ses régions humides un riche entrelacs de mangroves qui accueillent poissons et animaux du littoral comme le lamentin ainsi que de nombreuses espèces d'oiseaux (frégates, pélicans, cormorans...). Entre forêts tropicales grouillantes de vie et eaux accueillantes de la mer Caraïbe invitant au farniente, le Honduras est à classer, sans hésiter, parmi ces terres bénies par Dame Nature qui n'attendent que votre visite. 

 

Ce nom a été donné par des Anglais qui, au XIXe siècle, auraient aperçu un animal, sans doute un watusa, l'animal emblématique des Honduras que l'on rencontre encore fréquemment aujourd'hui. Ils l'ont un peu hâtivement assimilé à un gros rat et ont baptisé l'île « rat island », nom qui s'est transformé en Roatan.

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