La Maison de la Reine retrouve son lustre

Le château de Versailles est une destination touristique majeure, prisée par les visiteurs du monde entier. Réservés à la seule détente, ses 830 hectares de jardins et de bosquets abritent de nombreux trésors. Parmi eux, figure un lieu préservé et attachant : le Petit Trianon avec son célèbre « Hameau de la Reine ». Celui-ci est composé de dix « fabriques », autrement dit de petites maisons à l’aspect rustique regroupées autour d'un lac artificiel. Le « Hameau » fut construit entre 1783 et 1787, par Richard Mique, selon le souhait de Marie-Antoinette. Inspiré des dessins du peintre Hubert Robert, l'ensemble s’inscrivait dans un des grands courants de la fin du XVIIIe siècle qui prônait le retour à la nature. La souveraine aimait venir s'y réfugier « pour jouer à la bergère » dit-on, mais à l'évidence pour fuir les intrigues de la Cour. Ayant subi les outrages du temps, « Le Hameau » avait entamé en 2008 une vaste campagne de restauration qui a connu son point d'orgue en mai 2018 avec la restauration et le remeublement complet (grâce au mécénat Dior) de la Maison de la Reine et du Réchauffoir.

Dans l'intimité des monarques

Malgré les vicissitudes de l'Histoire, le Hameau de la Reine est toujours resté un lieu de pouvoir. Pour mener à bien l'entreprise de restauration et redonner un style à l'ensemble, il a fallu trancher, et c'est l'état historique conçu pour l’impératrice Marie-Louise, seconde épouse de Napoléon Ier qui a été choisi. Les visiteurs peuvent se replonger deux siècles en arrière et découvrir l’extrême raffinement du décor intérieur de cette Maison ; raffinement qui contraste avec la rusticité affichée des façades. Le travail de réhabilitation ou de réfection des sols, menuiseries et peintures, a été facilité par le recours à des mémoires de travaux du XVIIIe siècle, ou selon les plans de l'aménagement effectué au début du XIXe siècle, par l'impératrice Marie-Louise dont il est bon de rappeler qu'elle était la petite-nièce de Marie-Antoinette. Le « grand monde » aussi est petit ! Une armada de maçons, menuisiers, charpentiers, électriciens, chauffagistes, peintres, jardiniers, chaumiers... a œuvré ici sous la houlette de Jacques Moulin, architecte en chef des monuments historiques.

Egalement réhabilité, le « Réchauffoir » est un bâtiment contigu qui abritait la cuisine (et son impressionnante cheminée), ainsi que les pièces de service (garde-manger, dressoir, potager, four à pain, argenterie). Avec la Maison du Billard qui a aussi bénéficié de cette restauration, le visiteur peut imaginer les soirées animées qui devaient s'y dérouler dans une atmosphère feutrée. Reconstitué avec un extrême souci du détail, l'aménagement intérieur a vu se succéder des ébénistes, des passementiers, des tapissiers, des soyeux, des restaurateurs de textiles anciens, des peaussiers, bronziers, sculpteurs sur bois, doreurs... Le nec plus ultra des artisans d’art ont mis leur savoir-faire au service de la réussite de ce projet, sous la direction de Jérémie Benoît, conservateur général au château de Versailles. Les jardins qui bordent les bâtiments ont, quant à eux, été rétablis dans la disposition paysagère qui prévalait dans les années 1930.

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